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Depuis la fenêtre de son bureau, au troisième étage du Muséum d’histoire naturelle de New York, Nora Kelly apercevait Central Park, par-delà les toits de cuivre, les coupoles, les minarets et les tours gothiques du bâtiment. Ses yeux se posèrent un instant sur les immeubles de la 5e Avenue montant la garde au loin, dorés par la lumière d’automne. Aujourd’hui, la beauté du spectacle la laissait indifférente.

C’était presque l’heure de son rendez-vous. Elle réprima une bouffée de rage avant de se reprendre : elle allait avoir besoin de toute son énergie. Depuis dix-huit mois, son budget de recherche n’avait pas été augmenté. Dans le même temps, elle avait vu passer de trois à douze le nombre de vice-présidents du Muséum, et quand on sait qu’ils étaient tous payés deux cent mille dollars par an... Elle avait également vu le service communication, autrefois une sinécure pour journalistes vieillissants, se transformer en une ruche bourdonnante d’attachés de presse aux dents longues, dépourvus de toute connaissance scientifique ou archéologique. Elle avait surtout assisté à la mutation radicale du Muséum, avocats et gestionnaires prenant progressivement le relais des enseignants et des chercheurs. La moindre pièce un peu spacieuse avait été transformée en bureau pour haut fonctionnaire zélé, et l’argent servait dorénavant à monter des opérations censées récolter des dons qui alimenteraient à leur tour d’autres opérations similaires en une spirale infernale et parfaitement stérile.

Nora tenta de se rassurer en se disant qu’elle avait la chance de travailler pour ce qui était encore le plus grand Muséum d’histoire naturelle de la planète. Après l’échec de ses dernières recherches, en particulier son expédition archéologique en Utah et le projet avorté du musée Lloyd, elle avait plus que jamais besoin de ce job.

Elle s’éloigna de la fenêtre et embrassa son bureau du regard. Il lui fallait impérativement de l’argent pour faire aboutir ses recherches sur les liens entre la civilisation aztèque et les peuplades anasazis ; en particulier, faire dater au carbone 14 les soixante-six échantillons rapportés de ses fouilles de l’été précédent en Utah. Elle avait fait le calcul : il y en avait pour dix-huit mille dollars, mais c’était indispensable si elle entendait poursuivre ses travaux. Elle avait l’intention de demander sans plus attendre un crédit exceptionnel ; pour la renégociation de son budget, elle aviserait plus tard.

Il était l’heure d’y aller. Elle sortit de la pièce et emprunta un escalier étroit jusqu’à l’étage supérieur, celui de la direction comme l’indiquaient l’épaisseur des portes ainsi que celle de la moquette. Elle s’immobilisa un instant devant le secrétariat du premier vice-président et prit le temps d’ajuster son tailleur gris, consciente que la réussite de sa démarche dépendait en grande partie de son élégance. Adoptant une expression de neutralité souriante, elle poussa la porte.

La secrétaire était sortie déjeuner et Nora s’avança bravement vers le bureau du premier vice-président, le cœur battant. Il lui fallait absolument ce crédit et elle ne sortirait pas de ce bureau sans cet argent. Elle s’arma de courage et frappa. Le tout était de se montrer avenante, mais ferme.

Une voix autoritaire lui dit d’entrer. Situé comme de juste à un angle du bâtiment pour bénéficier de davantage de fenêtres, le bureau du premier vice-président baignait dans la lumière du matin. Roger Brisbane, troisième du nom, trônait derrière une table de verre Bauhaus immaculée. Nora avait déjà vu des photos de l’endroit à l’époque où le curieux professeur Frock y travaillait encore. La pièce était alors l’archétype de l’antre d’un conservateur de musée, poussiéreux et désordonné à souhait, avec ses piles de vieux livres et ses centaines de fossiles, ses bergères victoriennes, ses sagaies massais et son dugong empaillé. Aujourd’hui, la pièce faisait davantage penser à la salle d’attente d’un dentiste, à l’exception d’une vitrine de verre, posée sur le bureau de Brisbane, dans laquelle reposaient un nombre impressionnant de pierres précieuses, certaines brutes, d’autres taillées, brillant de tous leurs feux dans leurs écrins de velours. À en croire la rumeur, Brisbane était un gemmologiste contrarié par un père autoritaire qui l’avait obligé à faire son droit. Nora souhaitait que Brisbane ait conservé un peu de sa fibre scientifique.

Elle s’efforçait de sourire le plus naturellement possible. Avec son visage lisse et rose comme un coquillage exotique, son menton rasé de près et frictionné à l’eau de Cologne, ses cheveux bruns et souples, portés assez longs, Brisbane était la personnification vivante de la confiance en soi.

— Mademoiselle Kelly, je vous en prie, installez-vous, lui dit Brisbane onctueusement, découvrant deux rangées de dents parfaites.

Nora se posa timidement sur une étrange chaise de bois, de cuir et de chrome qui ressemblait à tout, sauf à un siège. L’objet n’en était pas moins inconfortable et grinçait à chacun de ses mouvements.

Le jeune vice-président se cala dans son fauteuil dans un bruissement de tweed anglais et croisa nonchalamment les mains derrière la tête. Ses manches de chemise étaient méticuleusement relevées et le nœud de sa cravate en soie dessinait un triangle parfait. Je rêve, se dit Nora, ou bien il met du fond de teint pour cacher les rides autour de ses yeux ? Mais non, je ne rêve pas.

— Expliquez-moi un peu comment ça se passe du côté des vieux ossements, lui demanda Brisbane.

— Tout va très bien, mais j’aurais voulu voir avec vous un point de détail.

— Voilà qui tombe bien, il fallait également que je vous parle.

— Monsieur Brisbane, poursuivit Nora, je...

Brisbane l’arrêta aussitôt d’un geste de la main.

— Je sais parfaitement ce qui vous amène ici, Nora. Vous avez besoin d’argent.

— Exactement.

Brisbane hocha la tête d’un air compréhensif.

— Vous en avez besoin pour poursuivre vos travaux, mais votre budget de recherche est gelé depuis deux ans.

— Exactement, répéta Nora, soudain méfiante. J’ai eu la chance de bénéficier de la bourse Murchison pour mes recherches sur les Anasazis en Utah, mais je ne vois pas comment achever mes travaux sans faire réaliser une série de datations au carbone 14. La précision de ces datations est cruciale pour l’aboutissement de mes recherches.

Elle s’efforçait de parler d’un ton soumis.

Brisbane hocha à nouveau la tête, les yeux mi-clos, son fauteuil animé d’un léger balancement. Nora se sentait presque rassurée. Elle ne s’était pas attendue à tant de compréhension de la part de son interlocuteur. La rencontre s’annonçait plutôt bien.

— De combien auriez-vous besoin ? demanda Brisbane.

— Avec dix-huit mille dollars, je pourrais faire procéder à la datation de mes soixante-six échantillons par l’université du Michigan, qui dispose du meilleur laboratoire au monde dans ce domaine.

— Nous disons donc dix-huit mille dollars pour soixante-six échantillons.

— Exactement. Je ne demande pas une majoration permanente de mon budget, mais une aide ponctuelle.

— Dix-huit mille dollars, répéta Brisbane d’un air posé. Quand on y pense, mademoiselle Kelly, ça n’est pas grand-chose.

— Non, pas grand-chose.

— C’est même une somme plutôt modeste.

— Surtout quand on pense aux résultats scientifiques escomptés.

— Dix-huit mille dollars. La coïncidence est pour le moins surprenante.

— Une coïncidence ? On sentait poindre l’inquiétude dans la voix de Nora.

— Il se trouve que c’est très précisément la coupe budgétaire qui va vous être demandée l’an prochain.

— Une coupe budgétaire ?

Brisbane approuva.

— Tous les départements de recherche vont subir une réduction de dix pour cent.

Tremblant de tous ses membres, Nora agrippa les bras chromés de son fauteuil. Sans ses bonnes résolutions, elle lui aurait dit tout ce qu’elle avait sur le cœur.

— La nouvelle salle des dinosaures a coûté nettement plus cher que prévu, poursuivit le premier vice-président. Et, comme vous venez de me dire que dix-huit mille dollars, ce n’est pas grand-chose...

Nora faisait des efforts surhumains pour se contrôler.

— Monsieur Brisbane, il me sera tout simplement impossible de poursuivre mes travaux si on réduit mon budget.

— Vous n’aurez pas le choix. Vous devez bien comprendre que la recherche ne représente qu’une partie très limitée des activités du Muséum, mademoiselle Kelly. Nous avons des expositions temporaires à monter, de nouvelles salles à rénover, et vous savez comme moi que le public exige toujours davantage.

Nora était au bord de l’implosion.

— Mais enfin, la recherche scientifique est le fondement même de notre crédibilité. Sans nos recherches, le Muséum n’est rien.

Brisbane se leva et fit le tour de son bureau pour se planter devant la vitrine de verre. Il composa un code sur le clavier de sécurité et inséra une petite clé dans la serrure.

— Avez-vous déjà eu l’occasion de contempler le Tev Mirabi ?

— Le quoi ?

Brisbane entrouvrit la vitrine et tendit une main prudente en direction d’une émeraude de la taille d’un œuf d’oiseau. La saisissant entre le pouce et l’index, il la sortit de son cocon de velours.

— Je vous présente le Tev Mirabi. Une pierre parfaite. J’ai suffisamment de connaissances en gemmologie pour vous dire que les émeraudes de cette taille ne sont jamais parfaites. Celle-ci est l’exception qui confirme la règle.

Il tenait la pierre à hauteur de son œil qu’un effet de loupe rendait ridiculement grand. Sa paupière cligna et il tendit l’émeraude à son interlocutrice.

— Observez vous-même.

S’obligeant une nouvelle fois à contenir sa fureur, Nora saisit la pierre.

— Faites attention de ne pas la faire tomber. Les émeraudes sont extrêmement fragiles.

Nora la roula prudemment entre ses doigts.

— Allez-y, regardez-la. Le monde est différent à travers une émeraude.

À travers l’eau de la pierre, Brisbane ressemblait à un poisson géant nageant au milieu d’un aquarium vert.

— Fort intéressant. Cela dit, monsieur Brisbane…

— Pas le moindre défaut.

— Je n’en doute pas, mais nous parlions d’autre chose.

— À combien estimez-vous cette merveille ? Un million de dollars ? Cinq, dix millions ? Une pièce unique. Si nous nous en séparions, nos petits problèmes de trésorerie s’en trouveraient réglés d’un seul coup.

Un petit rire incongru agita sa gorge et il regarda à nouveau à travers la pierre.

— Mais il est hors de question de la vendre, bien évidemment.

— J’ai du mal à comprendre où vous souhaitez en venir.

— Comme tous les autres chercheurs de notre institution, vous semblez oublier un détail essentiel : le côté spectaculaire de notre entreprise. Prenez cette émeraude. D’un point de vue strictement scientifique, cette pierre ne nous dit rien qu’une émeraude cent fois plus petite ne pourrait nous apprendre. Le problème, c’est que le public n’a pas envie de voir n’importe quelle émeraude, mais la plus belle de toutes. La notion de spectaculaire est justement ce qui fait vivre notre Muséum, mademoiselle Kelly. Combien de temps pourriez-vous poursuivre vos travaux si le public ne venait plus, ne s’intéressait plus à nos collections, ne répondait plus à nos appels à la générosité ? Voilà pourquoi nous réalisons les expositions les plus spectaculaires qui soient. Il s’agit de montrer au public des météorites colossales, des dinosaures, des pépites d’or, des oiseaux dodos, des planétariums et des émeraudes géantes. Vos travaux ne relèvent pas de cette catégorie, ce qui est bien regrettable.

— Mes travaux présentent un intérêt majeur pour la science, ce qui n’est déjà pas si mal.

Brisbane écarta les mains.

— Mais, ma chère, tous les chercheurs du Muséum pensent la même chose que vous.

« Ma chère » était de trop. Incapable de se contenir plus longtemps, Nora se leva, écumante de rage.

— Je n’ai pas à justifier l’intérêt de mon travail vis-à-vis de vous. Mes fouilles en Utah vont permettre de déterminer avec précision le moment où la civilisation aztèque est entrée en contact avec les régions du Sud-Ouest, bouleversant en profondeur la culture anasazi. Grâce à mes recherches...

— Si vous vous intéressiez aux dinosaures, ce ne serait pas la même chose. Il y a un public pour les dinosaures. Ils nous font gagner de l’argent, ce qui n’est pas le cas de vos tessons de poterie, mademoiselle Kelly. Vous en conviendrez.

— Je conviendrais surtout, reprit-elle, que vous êtes un scientifique raté qui se rattrape en jouant au bureaucrate zélé.

Avant même d’avoir terminé sa phrase, Nora sut qu’elle avait passé les bornes. Le visage de Brisbane se figea l’espace d’un instant. Recouvrant aussitôt son flegme, il lui lança un sourire glacial. Il sortit de la poche de sa veste un mouchoir, entreprit d’essuyer minutieusement l’émeraude, la replaça dans son écrin et verrouilla la vitrine avant d’en frotter longuement le dessus et les côtés.

— Ne vous énervez pas, reprit-il enfin. C’est mauvais pour le cœur et pour la santé en général.

— Mes paroles ont dépassé ma pensée. Je suis désolée, mais cette coupe budgétaire est tout simplement inacceptable.

— Je crois vous avoir dit ce que j’avais à vous dire, rétorqua-t-il d’un air affable. Quant aux chercheurs qui ne pourront pas, ou ne voudront pas, accepter ces réductions, aucun problème. Je serai ravi de m’en charger à leur place.

En prononçant ces derniers mots, toute trace d’amabilité avait disparu de sa voix.

Nora resta un moment debout dans le couloir, perdue. Elle s’était jurée de ne pas repartir sans l’argent dont elle avait besoin, et voilà où elle en était. Elle se demanda s’il serait opportun de prendre rendez-vous avec Collopy, le directeur, mais c’était un homme austère d’un abord plutôt difficile, et toute tentative de ce genre risquait de braquer Brisbane encore davantage. Elle en avait déjà assez fait comme ça. Court-circuiter Brisbane pouvait lui coûter son poste et c’était hors de question. Ou alors elle n’avait plus qu’à trouver du boulot dans un fast-food. Elle pourrait toujours essayer de dégoter des crédits ailleurs, en attendant la révision budgétaire prévue dans six mois. La vie est faite d’espoir...

 

Elle redescendit lentement au troisième et s’arrêta devant sa porte, surprise de trouver son bureau grand ouvert. Avançant la tête, elle aperçut à contre-jour la silhouette d’un inconnu à l’allure étrange, occupé à feuilleter une monographie. Son costume noir, sa pâleur irréelle, ses cheveux d’un blond presque blanc et ses doigts ivoire lui donnaient l’air d’un croque-mort.

— Puis-je vous demander ce que vous faites dans mon bureau ? demanda Nora, interloquée.

— Tout à fait intéressant, murmura l’homme, se tournant vers elle.

— Je vous demande pardon ?

Il leva le livre qu’il tenait à la main, une monographie intitulée Géochronologie de la grotte de Sandia.

— Il est tout de même curieux de constater que des pointes de silex de Folsom ont été découvertes uniquement au-dessus du niveau géologique de Sandia. Vous ne trouvez pas cela intéressant ?

Il s’exprimait avec ce léger accent, à la fois doux et sirupeux, caractéristique de l’aristocratie sudiste.

L’inconnu se dirigea vers un rayonnage et remit soigneusement le livre à sa place avant de procéder à l’examen systématique des volumes voisins, caressant du doigt chaque reliure.

— Ah ! s’exclama-t-il, extrayant un autre ouvrage. Je constate que les découvertes de Monte Verde sont aujourd’hui contestées.

L’étonnement de Nora laissait peu à peu place à la colère. Elle s’avança, lui arracha le livre des mains et le replaça rageusement sur l’étagère.

— Je n’ai pas vraiment de temps à vous consacrer et si vous voulez un rendez-vous, prenez au moins la peine d’appeler. Et n’oubliez pas de fermer la porte derrière vous.

Elle lui tourna le dos, attendant qu’il s’en aille. Une coupe sombre de dix pour cent ! Elle n’arrivait pas à y croire. Comment allait-elle faire ?

Mais l’inconnu, loin de s’en aller, reprit de sa voix douce et patricienne :

— Si cela ne vous dérange pas, j’aurais préféré ne pas attendre pour m’entretenir avec vous. Professeur Kelly, m’autoriseriez-vous à soumettre à votre sagacité une tracasserie pour le moins contrariante ?

Nora se retourna d’un bloc. Dans la main tendue de l’inconnu, elle découvrit un crâne humain bruni par le temps.

[Aloysius Pendergast 03] La chambre des curiosités
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